Colloque International

Arguments des Conférences | Jeudi 24 Juin 2021

Découvrez en détails le contenu des conférences de notre Colloque International « Vulnérabilités et passages à l’acte des femmes aux différents âges de la vie » organisé par l’UCO Bretagne Nord.
  • Jeudi matin : Vulnérabilités des femmes et création

  • Colloque international : Vulnérabilités et passages à l'acte des femmes aux différents âges de la vie

    9H00 : David Jousset* (Université de Bretagne Occidentale Brest, France) : « La vulnérabilité d’être femme ? Instituer la co-vulnérabilité créatrice » 

    Cette réflexion interroge l’hypothèse d’une vulnérabilité propre à la condition féminine en tant qu’elle serait liée aux formes spécifiques de violence faites aux femmes. La thèse centrale est de concevoir une vulnérabilité du lien de coexistence femme-homme via le concept de co-vulnérabilité comme rapport d’interdépendance ambivalent. Comment le fait d’être vulnérable à l’autre vulnérable, comment la rencontre des vulnérabilités peut être comprise à la fois comme racine de la violence et espace d’une créativité mutuelle ?

     

    * Maître de conférences habilité en philosophie, laboratoire Héritages et Constructions du Texte et de l'Image EA 4249, université de Brest.

     


     

    9H45 : Pascal Malet (Université de Paris VIII, Ile de la Réunion) : « Les modes de présence thérapeutique »

    La notion de présence thérapeutique a largement été évoquée par des psychothérapeutes emblématiques. Elle a été définie par Geller et Greenberg comme la capacité à « porter tout son être dans l’instant de la rencontre avec le client, selon une multiplicité de niveaux, physiques, émotionnels, cognitifs et spirituels » (Geller et Greenberg, 2002, p. 82-83). A partir d’une recherche doctorale en cours, nous aborderons au cours de cette communication différentes dimensions vécues de la présence. Nous exposerons des vécus croisés de patients et de leurs psychothérapeutes ainsi que les effets des modes de présence du thérapeute sur le cours de la relation avec des sujets vulnérables en risque de passage à l’acte.

     

    *Psychologue clinicien, psychothérapeute
    Doctorant en psychologie sous la direction du Pr. Antoine Bioy
    Laboratoire de Psychopathologie et de Neuropsychologie (LPN)
    Université de Paris 8

     


     

    10H30 : Patrick Martin-Mattera (UCO Angers , France) : « Unica Zürn : la vulnérabilité comme œuvre »

    Unica Zürn a produit des contes, des dessins à l’encre de chine, des poèmes anagrammatiques et des récits autobiographiques dans lesquels sa douleur d’exister – la folie qu’elle affirme, subit et revendique à la fois – constitue l’élément central de son élaboration artistique.

    Elle, qui se veut dans l’ombre de Hans Bellmer, qui se dévalorise et se dégrade – « elle est maladroite » –, est pourtant au sens plein une créatrice tout à fait remarquable, novatrice en ce qui concerne au moins les poèmes anagrammatiques. Mais c’est tout particulièrement dans ses récits autobiographiques que sa vulnérabilité est mise en scène par une écriture absolument singulière et originale qui en même temps touche à l’universel. Ce paradoxe fait de sa position subjective, marquée par le trauma et la folie, une extraordinaire force de création qu’elle maintiendra jusqu’au terme tragique de son chemin de vie.

     

    *  Professeur à l'UCO d'Angers, psychologue clinicien, psychanalyste, Laboratoire RPPsy "Recherche en psychopathologie et psychanalyse", composante UCO Angers

  • Ateliers au choix

  •  11h30 : « Vulnérabilités et passages à l’acte à l’adolescence » animé par Adeline Hulin* ((Réunion, France) avec Estelle Fégar** et Chloé Le Faucheur** (Cap Jeunes, Guingamp) : « De la jeune fille à la jeune femme : un moment de vulnérabilité ? »

    * Adeline Hulin est Maitre de Conférences en Psychologie et responsable pédagogique et des stages L1 psychologie à l’UCO La Réunion, Membre titulaire du Laboratoire RPpsy composante UCO, Psychologue clinicienne, ahulin@uco.fr

    ** Estelle Fégar et Chloé Le Faucheur sont psychologues à Cap Jeunes de Guingamp.

     


     

     11h30 : « Vulnérabilités et violences conjugales » animé par Stéphanie Le Gal-Gorin (Stereden Dinan, France) avec Stéphanie Genetay (Maison de l’Argoat, Guingamp) : «Lieu d’accueil et d’écoute «  Avec Elles » »

     


     

     11h30 : « Vulnérabilités de femmes incarcérées » animé par Clément Peltier (UCO Bretagne Nord, France) avec Alain Faure (Association Les Etablissements Bollec, Rennes) « Citad'elles, magazine fait par les détenues du centre pénitentiaire de Rennes »

    Les femmes en invisibles, celles dont on entend jamais parler. Depuis septembre 2012, le magazine Citad'elles leur donne, la parole, les valorise et leur redonne confiance en elle. Cette revue féminine est entièrement pensée et conçue par les détenues en longue peine du Centre Pénitentiaire de Rennes est un projet éditorial et artistique unique en France.

     


     

    11h30 : « Estime de soi et vieillissement de la femme » animé par Corinne Antoine Guillaume* (directrice de l’EHPAD de Kersalic) avec  Catherine Lenormand**, psychologue et Virginie Lesage** (ORB Saint-Brieuc)

    Améliorer son estime de soi ou comment dissocier vulnérabilité et vieillissement !
    L’atelier que nous proposons présente un retour d’expérience d’un projet mené autour du vieillissement et de l’estime de soi.
    Dans le cadre des activités proposées par l’ORB (Office des Retraités Briochins), les adhérents se sont vus proposer un atelier expérimental sur « l’estime de soi face au vieillissement ». En prenant de l’âge, les remaniements se succèdent autant au niveau social, physique que psychique créant, dans une société où l’homme existe aussi au travers du regard de l’autre, de nouvelles fragilités. Le besoin d’estime d’autrui ne s’amoindrit pas en avançant en âge mais le regard de l’autre et de la société est parfois plus acéré, plus focalisé sur les pertes et les transformations physiques au risque d’affaiblir l’estime de soi d’une personne vieillissante.
    Ces ateliers offraient, dans un premier temps, la possibilité de partager, entre pair(e)s, encadrés par une psychologue, les ressentis liés au vieillissement tout en se recentrant  sur ce processus de vieillissement qui va bien au-delà des pertes auxquelles il est régulièrement assimilé Par la suite, ces rencontres étaient animés par une socio-esthéticienne qui permettait à chacun(e) de travailler sur des soins du corps et sur son image corporelle en partant du postulat que l’estime de soi peut être améliorée par une image corporelle positive. 
    Ces ateliers de 6 séances ont offert l’occasion d’appréhender le rapport entre l’estime de soi et l’image corporelle et, bien au-delà, ils ont permis de verbaliser comment les remaniements liés à l’âge se répercutent sur l’estime de soi. Ils ont aussi été l’occasion de réfléchir aux ressources et méthodes possibles pour retrouver l’équilibre nécessaire entre estime de soi et vieillissement pour se sentir moins vulnérable au regard de l’autre. 

     

    *Corinne Antoine Guillaume est la directrice de l’EHPAD de Kersalic à Guingamp.
    **Catherine Lenormand est psychologue et Virginie Lesage est socio-esthéticienne.

     


     

    11h30 : « Vulnérabilités et passages à l’acte suicidaires des femmes » animé par Céline Kopp Bigault* (GEPS, France) avec Mélanie Coquelin** (Fondation Bon Sauveur, France) et Sylvie Lemonnier*** (UCO, France) : « Au commencent était le lien : deux histoires d’agirs suicidaires »

    A travers deux cas cliniques, nous verrons comment les tentatives de suicide peuvent différer dans leur fonction et dans leur signification pour le sujet, et la façon dont ces différences influent sur le travail thérapeutique. Elles sont parfois la conséquence de ce trou dans le savoir, d’un face à face entre un sujet qui se questionne sur le sens de son existence, et le sentiment d’absurdité d’une vie qui n’aurait pas été suffisamment portée et accueillie. Mais il est aussi des personnes qui ne savent pas se lier au monde et aux autres et qui tentent d’exister comme sujet alors même qu’une bascule vers le statut d’objet ne cesse de les menacer mortellement.

     

    * Céline Kopp Bigault est Psychologue clinicienne CH des Pays de Morlaix - Secteur 29G07, Docteure en psychologie et psychopathologie cliniques, Membre du Conseil d'Administration du GEPS - Membre fondatrice du JGEPS, Chercheure Associée - UVSQ - CESP - Team MOODS - Université de Paris.

    ** Mélanie Coquelin est Psychologue clinicienne, Coordinatrice cellule prévention suicide/ postvention, Formatrice Sentinelles, Repérage Evaluation, Intervention de crise à la Fondation Bon Sauveur de Bégard.

    *** Sylvie Lemonnier est enseignante à l’UCO de Guingamp et Doctorante à l’Université de Rennes 2.

  • Jeudi après-midi : Vulnérabilités des femmes et traversées psychiques délicates

  • 14h00 : Perspectives étudiantes

    Guillaume Belay* (UCO Angers, France) : « L’intelligence artificielle au service des sciences humaines »

    "Les avancées en intelligence artificielle permettent aujourd'hui de construire des machines intelligentes capables d'améliorer la qualité, l'accessibilité et l'efficacité des soins. Ces systèmes intelligents peuvent aider le personnel soignant dans leur prise de décision, leurs diagnostics ou encore leur gestion des soins. 

    Ces mêmes machines intelligentes sont désormais capables de prédire si une personne va se suicider ou non."

     

    *Etudiant à l’UCO d’Angers en Master de Mathématiques et informatique appliquées aux SHS

     

    Imogen Scott* et Titouan Keribin* (UCO Bretagne Nord, France) : « La question du passage à l’acte à la lumière des neurosciences et de la psychanalyse »
    * Etudiants à l’UCO de Guingamp en Licence 3

     

    Clément Peltier* (UCO Bretagne Nord, France) : « Passages à l’acte et addictions »
    *Futur doctorant sous la direction de Virginie Jacob Alby, UCO de Guingamp

     

    Yaël Roth* (UCO Angers, France) : « Le passage à l’acte dans le déni de grossesse »

    A travers une approche psychanalytique, nous aborderons les principales négations de grossesse rencontrées chez la femme, le déni partiel et le déni total, et les associerons au concept très large du passage à l’acte. Nous établirons la distinction entre l’acting-out de ces négations de grossesse et le risque de passage à l’acte meurtrier dans les cas les plus extrêmes où la femme commet un néonaticide après son accouchement. 
    Le déni de grossesse interprété comme un acting-out incarne une défense qui permet une protection psychique contre les représentations intolérables que l’activité psychique de la femme convoque. Cet acting-out va engendrer un court-circuit de la représentation concernant la grossesse de la femme ou de l’enfant à naitre. Il va rester orienté dans le champ du symbolique et pourra être verbalisé, contrairement au passage à l’acte néonaticide après un déni de grossesse qui n’aura aucune existence symbolique et sera en rupture totale avec le langage.

    *Etudiante à l’UCO d’Angers en Master de psychopathologie clinique et psychanalytique

     


     

    14h45 : Jacques Brandibas (Université de la Réunion, France Outremer) : « Représentation des suicides des femmes à la Réunion »

     


     

    15H30 : Stéphanie Le Gal Gorin*  (Steredenn, Dinan, France) : « Pourquoi avez-vous accepté ça ? Comment les femmes seraient-elles conditionnées à subir des violences conjugales et seraient exposées aux passages à l’acte ? »

    L'intervention de Stéphanie Le Gal-Gorin sera l'occasion de réfléchir à la manière dont les violences conjugales contribuent à l'augmentation des risques suicidaires. En comparant les statistiques d'un accueil de jour pour femmes victimes de violences au sein du couple avec celles de la population générale, le lien de causalité est certain. Il est important d'en tenir compte afin de mieux prendre en charge les victimes.

     

    *Sociologue, Coordinatrice de l'Espace Femmes (Association Steredenn à Dinan), chargée de cours à l’UCO Bretagne Nord.

     


     

    16H30 : Suzanne Léveillée* (Université du Québec à Trois-Rivières, Canada) : « Mieux comprendre la violence auto et hétéro dirigée des femmes »

    La violence commise par les femmes, bien présente, attire de plus en plus l’attention des chercheurs et des cliniciens. Ces violences interpellent avec un ensemble de préjugés et de croyances sur la violence des femmes; ainsi, le sujet se doit d’être traité avec nuances et objectivité. Entre 15 à 20 % des délits sont commis par les femmes et 10% des délits violents sont commis par celles-ci (Cortoni et Robitaille, 2013). Au Québec, 2 femmes tuent son conjoint par année (vs 11 hommes qui tuent son ex conjointe). Les motivations des femmes qui seraient sous-jacentes aux homicides sont une réaction aux violences conjugales du conjoint, toutefois certaines femmes réagissent à l’infidélité du conjoint et passent à l’acte de manière impulsive lors d’une dispute. Dans la majorité des études, il est indiqué que ces femmes vivent dans un état de vulnérabilité se caractérisant par la violence conjugale subie, la pauvreté, les difficultés sociales impliquant une fragilité de l’identité et un vécu de traumatismes dans leur famille d’origine (Léveillée et Trébuchon, 2017). La régulation émotionnelle est un élément encore peu étudié ; la passivité de ces femmes se transforme en action, en mouvement de défense. L’identification à l’agresseur est un des éléments explicatifs. Dans cette présentation, nous traiterons d’une part, des résultats d’études descriptives portant sur les enjeux psychosociaux de ces femmes. Et dans un deuxième temps, la présentation de 2 cas cliniques viendra éclairer les travaux descriptifs par une compréhension psychodynamique. L’arrimage entre des données de recherche et la pratique clinique est au cœur de notre travail.

     

    * Professeure au département de psychologie de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR); spécialiste des violences intrafamiliales 

    Chercheure associée au Laboratoire de psychologie légale (UQTR) et au Groupe de recherches appliquées et interdisciplinaires sur les violences intimes, familiales et structurelles (RAIV)                                                                 

     

    Arguments Conférences | Mercredi 23 juin 2021

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Virginie Jacob Alby - Enseignante chercheure à l’UCO

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0296444646

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Sylvie Lemonnier
slemonni@uco.fr
02 96 44 46 46

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