Colloque International

Arguments des Conférences | Mercredi 23 Juin 2021

Découvrez en détails le contenu des conférences de notre Colloque International « Vulnérabilités et passages à l’acte des femmes aux différents âges de la vie » organisé par l’UCO Bretagne Nord.
  • Mercredi matin : Vulnérabilités des femmes aux différents âges de la vie

  • Conférence Psychologie - UCO Bretagne Nord Guingamp

    9h30 : Christian Heslon* (UCO Angers, France) : « Les âges critiques de la vie des femmes »

    À partir de Christine de Pizan, Marguerite Duras ou Marie N’Diaye, mais aussi des travaux des psychologues nord-américaines sur les âges de la vie au féminin, cette conférence décrira les « âges critiques » de la vie des femmes sous trois aspects : la perspective diachronique (émergence identitaire, conjugalité, maternalité, milieu de vie, ménopause, retraite, vieillesse) ; le fragile accès des femmes au statut social d’adulte ; l’alternative krisis / kairos au regard du temps cyclique et du temps linéaire.

    MOTS-CLEFS
    • Adulte / Âges de la vie / Crise / Femmes / Identité / Kairos

     

    *Maître de conférences HDR en psychologie des âges de la vie (UCO, Angers)
    Chercheur permanent en psychologie de l’orientation (CRTD, CNAM-INETOP, Paris)
    Réseau UNESCO Lifelong Interventions for Decent Work (Wroclaw, Pologne & Lausanne, Suisse)
    Gérontopole des Pays de la Loire (Nantes)

    https://recherche.uco.fr/chercheur/126/christian-heslon
    https://www.researchgate.net/profile/Christian_Heslon

     


     

    10H15 : Laurence Cocandeau-Bellanger* (UCO Angers, France) : « Sens et vulnérabilité des femmes dans la conciliation vie de travail et vie hors travail »

    Dans son origine juridique, concilier signifie aménager des alternatives pour régler des litiges entre deux parties ou plus (Desdevises et Suaud, 2001). Dans le prolongement de cette approche, en psychologie de l’orientation et du développement de carrière, concilier les sphères de vie de travail et de vie hors travail implique également de résoudre des difficultés ou conflits rencontrés mais aussi de rechercher une relation dynamique et positive entre ces sphères de vie. Surtout, la conciliation dans ce champ vise à trouver un arrangement, non plus entre deux parties qui sont en conflits, mais entre des activités de différentes sphères de vie pour une même personne. Si la relation entre la vie de travail et la vie hors travail est parfois conflictuelle, elle peut aussi être harmonieuse.

    Contrairement à ce qui a longtemps été mis en avant, la conciliation des sphères de vie ne peut concerner uniquement les femmes, elle doit aussi être questionnée du côté des hommes. Pour autant, dans cette conférence nous nous centrerons sur la conciliation de la vie de travail et de la vie hors travail chez les femmes. A ce sujet, une proposition de modélisation de la conciliation des sphères de vie chez les femmes (Cocandeau-Bellanger, 2015) permet d’identifier différents parcours, modes et stratégies de conciliation. Si certains d’entre eux amènent davantage de difficultés, d’expériences vécues négativement, de fragilité, voire de vulnérabilité chez les femmes, tous s’articulent avec la question du sens de la vie en général et du sens du travail en particulier (SVST) (Bernaud et al., 2019). Il s’agira ici de mieux appréhender cette question de l’articulation entre le sens et la vulnérabilité dans les modes, parcours et stratégies de conciliation des femmes.

    Références bibliographiques : 
    • -Cocandeau-Bellanger, L. (2015). Femmes au travail. Comment concilier vie professionnelle et vie familiale. Paris : Armand Colin. 
    • -Bernaud, J.L., Lhotellier, L., Sovet, L., Arnoux-Nicolas, C. & Maricourt, P. (2019). Sens de la vie, sens du travail. Pratiques et méthodes de l’accompagnement en éducation, travail et santé. Paris : Dunod. 
    • -Desdevises, Y. & Suaud, C. (2001). Conciliateurs et conciliation. Rapport n° 99.01.22.02.03. Nantes : Centre Nantais de Sociologie, MSH. 

     

    *Maître de Conférences en Psychologie sociale, doyenne de la faculté SHS, UCO, Angers et titulaire au CRTD, équipe INETOP - Psychologie de l’orientation (EA4132), CNAM, Paris.


     

    11H15 : Adeline Hulin* (UCO Réunion, France Outremer) : « Je voulais voir de qui je viens » : risque clinique d’une double vulnérabilité à la période pubertaire »

    La question des origines est une question qui « préoccupe » l’Humain depuis la nuit des temps, autant dans la sphère phylogénétique qu’ontogénétique. Et à juste titre, tant cette question apparait primordiale dans la construction identitaire et corporo-psychique.

    Ces problématiques seront traitées à travers la vignette clinique d’Amare, une jeune fille de 17 ans, rencontrée en psychothérapie pour des difficultés comportementales, relationnelles et émotionnelles. Amare dévoile une double vulnérabilité, imbriquant un pubertaire difficilement symbolisable et des questions identitaires en lien notamment avec ses origines et sa relation filiale.

     

    * Adeline HULIN, Maitre de Conférences en Psychologie et responsable pédagogique et des stages L1 psychologie à l’UCO La Réunion, Membre titulaire du Laboratoire RPpsy composante UCO, Psychologue clinicienne, ahulin@uco.fr

     


     

    12H00 : Nicolas Deffontaines* (Université du Havre, France) : « Les suicides des agriculteurs au prisme du genre. Analyse croisée de deux trajectoires, celle d’une agricultrice et celle d’un agriculteur, suicidés. » 

    Les agriculteurs comme les agricultrices connaissent un risque plus élevé de se suicider que leurs homologues des autres catégories socioprofessionnelles, et ce depuis les années 1970 (au moins, à défaut de données plus anciennes). Afin d'éclairer ce phénomène structurel, cette communication entend mettre en évidence le rôle joué par l'imbrication travail-famille qui caractérise encore l'organisation du travail en agriculture. A partir de l'analyse croisée des trajectoires d'un agriculteur et d'une agricultrice, suicidés, elle entend montrer en quoi cette configuration aiguise le risque de suicide pour les femmes. La démonstration repose sur une enquête auprès de "proches éloignés" de personnes suicidées: travailleuses sociales de la Mutualité Sociale Agricole, bénévoles et salariés de Solidarité Paysans, collègues voisins.

     

    *ATER à l'Université Le Havre-Normandie, chercheur associé à l'UMR Idees et à Dysolab.

  • Mercredi après-midi : Vulnérabilités des femmes et traversées psychiques délicates

  • 14H00 : Virginie Jacob Alby* (UCO Bretagne Nord, France) : « Vulnérabilités et passages à l’acte de femmes en période périnatale »  

    Le déni de grossesse, qu’il soit partiel, total ou absolu, désigne ces cas où l’enfant a une existence biologique mais dans lesquels l’enfant n’est ni parlé, ni pensé, ni désiré et parfois non adopté. Les enfants déniés avant leur naissance et parfois même jusqu`à leur naissance sont portés par des femmes « sans ventre » et ne sont pas accueillis dans un bain de langage. Dans les cas de déni de grossesse, que nous avons qualifiés d’absolus, l’adoption de l’enfant par une mère n’est pas réalisable et le risque de passage à l’acte est alors important. Même si ces cas sont rares, le déni relève alors de la pathologie mentale et comporte un risque d’infanticide. Nous proposerons, lors de notre intervention, de mettre à l’étude le cas de Fabienne Kabou, jugée en 2017 pour abandon « à la mer » de sa fille Adélaïde de 15 mois ; nous tenterons de mettre en évidence les facteurs de vulnérabilités associés pour cette femme qui pourraient rendre intelligible ce dramatique passage à l’acte d’une mère sur son enfant en période périnatale.

    *Enseignante chercheure à l’UCO Bretagne Nord


     

    14H45 : Daniel Coum* (Université de Bretagne Occidentale Brest, France) : « De la femme au parent… et vice versa : devenir mère au XXIème »

    Le souci légitime d’égalité entre les sexes nous a conduit à renoncer à la paternité autant qu’à la maternité au profit de la parentalité, idéalement a-sexuée… Ce qui n’est pas sans conséquence. Nous essaierons, exemples à l’appui, d’en analyser les enjeux tant sociétaux que psychiques ».

     

    *Psychologue clinicien, psychanalyste, Maître de conférences associé, CRPC-CLCS (EA 4050 site Brest), composante recherches en psychopathologie clinique : clinique du lien et création subjective, ISHS, Université de Bretagne Occidentale

     


     

    15H30 : Céline Kopp-Bigault* (CH de Morlaix, GEPS, France) : « Des psychotraumatismes au suicide : d’une génération à la suivante »

    De nombreuses recherches scientifiques ont mis en évidence les liens entre modifications épigénétiques et violences dans l’enfance, attachement insécure, développement de vulnérabilités et risque de suicide. Une étude de cas illustrera ces liens sur trois générations : une mère précocement fragilisée par un deuil et la violence relationnelle, sa fille suicidée, jusqu’aux petites filles victimes collatérales de cette histoire de vie transgénérationnelle.

    *Céline Kopp-Bigault - Psychologue clinicienne CH des Pays de Morlaix - Secteur 29G07
    Docteure en psychologie et psychopathologie cliniques
    Membre du Conseil d'Administration du GEPS - Membre fondatrice du JGEPS
    Chercheure Associée - UVSQ - CESP - Team MOODS - Université de Paris

     


     

    16H30 : Monique Séguin* (GEPS, Université du Québec en Outaouais, Canada) :  « Cumul d’adversités et vulnérabilité suicidaire : Trajectoires de vie de femmes décédées d’un suicide »

    Les modèles développementaux de type « diathèse–stress » font référence dans l’analyse de la vulnérabilité́ aux conduites suicidaires (Mann, 1998). Ce modèle permet de tenir compte des interactions entre les variables individuelles (variables psychologiques, familiales, etc.) et les variables environnementales (éléments de stress) susceptibles ou non, de créer des conditions permettant l’émergence de conduite suicidaire.

    Nos études sur les trajectoires de vie permettent de tenir compte des éléments de diathèses (antécédents individuels) combinés aux événements de stress qui sont spécifiques dans le parcours de vie des femmes expliquent une augmentation du fardeau d’adversité chez les femmes décédées à la suite d’un passage à l’acte suicidaire.
     

    * Ph.D. Professeur, Département de psychoéducation et de psychologie, Université du Québec en Outaouais
    Chercheure, Groupe McGill d'Étude sur le Suicide
    Chercheure, Réseau québécois de recherche sur le suicide, la dépression et les troubles associés (Rqsdta), Université McGill- Institut Universitaire en Santé Mentale de l’Hôpital Douglas

     

    Arguments Conférences | Jeudi 24 juin 2021 

    Programme & Inscription

Contact

Virginie Jacob Alby - Enseignante chercheure à l’UCO

Virginie Jacob Alby
vjacobal@uco.fr
0296444646

Sylvie Lemonnier - Enseignante, Doctorante

Sylvie Lemonnier
slemonni@uco.fr
02 96 44 46 46

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