06 jan

Projet tuteuré | Maturation de spores d’une algue brune « Saccharina latissima »

Formation

  • Licence professionnelle Algues Guingamp - UCO Bretagne Nord

    Nos étudiants en pleine expérience au sein de notre Laboratoire de Culture d’Algues

    Marion CADOU, Paul FOUTRIER, Remi LEGALOIS et Céleste TRESSEL, étudiants en licence professionnelle « Culture et Procédés de Transformation Industriels des Macro-Algues (CPTIM) » sur notre campus de Guingamp, nous expliquent l’expérience qu’ils mènent actuellement en laboratoire.

    Découvrez à travers cet article et en vidéo (ci-dessous), la naissance de leur projet, ses objectifs ainsi que sa finalité à travers leurs témoignages.

     

    À travers le Parcours « Culture et Procédés de Transformation Industriels des Macro-algues (CPTIM) », la formation est conçue de façon à former des techniciens supérieurs dans le secteur des bio-industries et biotechnologies ayant trait aux macro-algues.

    La licence professionnelle peut-être effectuée en formation initiale, en continue mais également en alternance.

    Nos quatre étudiants effectuent leur cursus en formation initiale ce qu’ils leur permettent de faire ce projet tuteuré pendant que certain, en alternance, sont en entreprise.

     

     

    Quel est l’objectif de votre projet ?

     

    « Le projet, proposé par notre enseignante Pauline GARNIER, est de rendre mature des algues Saccharina latissima qui sont de grandes laminaires que l’on trouve notamment beaucoup en Bretagne » nous explique Remi LEGALOIS.

    « En général, lorsque l’on veut faire reproduire ces algues on les récupère déjà matures en mer et ensuite, par des conditions de mises en stress, on peut récupérer des spores afin de les développer pour ainsi obtenir de nouvelles algues.

     

    Le but de notre expérience va être au contraire de partir d’algues non matures et de les mettre dans différentes conditions pour observer lesquelles vont permettre de rendre possible leur développement et leur maturation en laboratoire » témoigne Remi LEGALOIS.

     

    « Si nous arrivons, au terme de l’expérience, à réussir à faire une reproduction de cette algue en laboratoire avec des conditions connues et contrôlées cela permettra aux entreprises de pouvoir les exploiter sans avoir besoin d’aller les chercher sur des champs naturels en pleine mer » détaille Céleste TRESSEL.

     

     

    Pourquoi avoir choisi l’algue brune « Saccharina latissima » ?

     

    « L’algue Saccharina latissima se consomme et est très utilisée en gastronomie mais également dans plusieurs autres domaines. En effet, on peut la trouver un peu partout et elle est beaucoup cultivée en France mais aussi dans le monde » nous explique Remi LEGALOIS.

    « De plus, elle s’adapte très facilement aux conditions de productions et de cultures. Les algues brunes en général, surtout les laminaires, sont en effet plutôt aptes à ce genre de manipulations » nous précise Céleste TRESSEL.

     

     

    Quelles ont été les différentes étapes de votre projet ?

     

    « Le projet tuteuré au sein de la licence débute mi-septembre par le choix de notre sujet et par une longue période de recherches bibliographiques. Cela nous a permis de savoir quelles expériences avaient déjà été menées en rapport avec notre sujet d’étude » nous explique Remi LEGALOIS.

    « Nous avons découvert qu’elle avait déjà été faite au Québec mais pas forcément avec les mêmes conditions que nous avons mises en place : nous en avons même rajouté une nouvelle qui n’avait jamais été faite ! Ces recherches nous ont donc permis de savoir ce qui existait et nous ont aidé à cadrer notre projet dans sa mise en place » nous confient les étudiants.

     

    « Ensuite, on a fait un retroplanning pour organiser et planifier toutes les étapes de notre expérience. En effet, il a fallu que l’on achète du matériel, que l’on installe la salle et que l’on récolte les algues en fonction des coefficients des marées qui devaient être importants pour cela.

     

    Nous avons eu de grandes difficultés pour avoir les algues, qui d’habitude se trouvent très facilement : on a dû faire plusieurs sorties ce qui a repoussé de quelques semaines l’expérience. 

    Marion CADOU a fini par en trouver dans le Finistère et l’expérience a pu être lancée assez récemment : le 19 janvier dernier » témoigne Remi LEGALOIS.

     

    Les étapes clés de l’expérience sont les suivantes :

    • 1ère étape la maturation : observer des sores présentes sur les algues.
    • 2ème étape la sporulation : sortir les spores des sores des algues.
    • 3ème étape la reproduction : effectuer une reproduction des spores extraits.

     

    « Le but final est de réussir à produire les spores qui permettent ensuite de produire des algues » nous explique Remi LEGALOIS.

    « L’expérience sera donc « finie » mais si l’on décide de poursuivre un peu, on pourrait continuer à développer les spores pour avoir des gamétophytes qui est la première étape du développement de l’algue. Une fois arrivées à maturation, les algues pourront être alors placées sur les collecteurs en mer et produire les grandes algues que l’on connait. »

     

     

    Quelles sont les conditions de culture ?

     

    « On a 16 bacs avec pour chacun d’entre eux des conditions différentes pour comparer leurs impacts sur la culture :

    • La moitié des bacs sont remplis soit d’eau de mer naturelle ou soit d’eau de mer artificielle faite avec des sels marins pour aquarium.
    • Certaines algues sont « libres » et uniquement déposées dans les bacs et certaines sont fixées grâce à des filets.
    • La taille des algues est aussi à l’étude : si elles font plus d’un mètre ou moins initialement. Certaines ont été coupées et d’autres laissées entières : cela inhibe leur développement. On a coupé l’afflux d’hormones donc elles restent vivantes mais elles ne grandissent plus.
    • Des tests sont également réalisés en fonction de la partie d’algues que l’on a mis en culture : le haut ou le bas de l’algue par exemple.

     

    La nouvelle condition, qui à notre connaissance n’a jamais été testée, c’est celle avec l’eau artificielle.

    Selon Pauline GARNIER, il y a de grandes suppositions qui soulèvent l’idée que la composition de l’eau de mer naturelle, avec tous ces microorganismes et ses hormones, favoriserait le développement des algues. Le fait d’utiliser l’eau artificielle retire donc toutes ces molécules qui vivent naturellement avec l’algue. Cette dernière ne pourrait donc pas se développer ou au contraire cela n’aurait aucun impact sur elle… l’expérience le démontrera ! » nous précisent les étudiants.

     

    En savoir plus : Licence Pro. CPTIM

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